Bâle2 et la réforme du système bancaire

L’Afrique va-t-elle rater le coche?

Les prochains mois vont voir certains pays débuter l’application de la réforme Bâle 2. L’occasion d’un tour d’horizon mondial.

Il revient à chaque pays (ou ensemble de pays, à l'instar de l'Union Européenne) de décider d'appliquer ou non cette réforme, et de spécifier ses propres modalités d'application. Plus de 100 pays ont déclaré vouloir s’y conformer, même si dans de nombreux cas les déclinaisons opérationnelles se font attendre.


Alors que les pays européens sont très avancés sur le chemin de la réforme, que les Etats-Unis tergiversent encore quant aux modalités et calendrier d’application, qu’en est-il de l’Afrique ? Formellement, la République d’Afrique du Sud est le pays le plus avancé. D’autres pays (par exemple au sein du Maghreb) encouragés par le Fonds monétaire international (Fmi), ont décidé le lancement de projets au sein de banques représentatives. Mais dans sa globalité, alors même que certaines zones comme l’Amérique du Sud ou le sous-continent indien ou certains pays d’Asie ont fait connaître leurs ambitions sur le sujet, il apparaît que l’Afrique reste en dehors de la sphère Bâle 2.

Le continent doit-il s’en rapprocher ?

Surtout que le FMI et la Banque Mondiale semblent indiquer que leurs futures évaluations des systèmes financiers ne seraient pas faite sur la base de la conformité à la nouvelle réforme ? Que les obstacles à franchir et les coûts (en particulier IT et organisationnels) sont nombreux. Mais Bâle 2 c’est avant tout le moyen de mieux évaluer et donc se prémunir contre les risques générés par l’activité. C’est aussi une formidable vitrine pour démontrer la qualité et la crédibilité d’un système bancaire et par extension d’une économie vis-à-vis d’investisseurs. L’Afrique a de plus des atouts à faire valoir. A ce titre l’exemple de l’Union monétaire ouest africaine est parlant : systèmes bancaires assaini s (complètement réformé suite à la douloureuse crise systémique des années 80), dispositifs de supervision performants, forte intégration économique et monétaire au sein d’une structure susceptible de porter ce projet, une forte implantation de réseau bancaires étrangers… Ainsi, et surtout face à des pays « concurrents » désireux de la précéder, l’Afrique doit maintenant « penser Bâle2 ».



Jérôme Besset