Bâtir une nouvelle vision de la banque

Première institution financière de l’Afrique, la Bad (Banque africaine de développement) se positionne quarante ans après sa création comme un outil incontournable de croissance du continent.


Le 13 septembre 2006 à Tunis, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) signait avec le gouvernement tunisien un accord de prêt pour financer un projet de développement agricole intégré (PDAI) de Kairouan au bénéfice 45.OOO ménages. Montant global du financement 17,804 millions d’euros soit 11, 750 milliards francs Cfa. A l’instar de ce prêt, nombreux sont les projets de développement qui bénéficient de l’assistance de la Bad. Première institution panafricaine de développement à favoriser la croissance économique et le progrès social en Afrique, la Banque Africaine de développement (Bad) est actuellement en très bonne posture. Quarante ans après sa création, le Groupe de la Banque africaine de développement a financé 2 885 opérations, pour un total de 47,56 milliards de dollars EU, et il a bouclé l'année 2005 sur les résultats les plus élevés de son histoire, sur une notation AAA des principales agences d'évaluation financière, avec un capital de plus de 32,04 milliards de dollars. Ces dernières années, elle a battu tous les records. Il y a quelques mois, les activités de prêts, de don et les allégements de dettes ont totalisé 4,4 milliards de dollars, dont 2,4 milliards pour des opérations à travers ce qu ‘on appelle le guichet Bad, qui prête aux pays capables d’emprunter à des conditions commerciales. Celui-ci finance des programmes destinés à améliorer la compétitivité des économies, notamment à travers le développement des infrastructures, la mise en œuvre de réformes clés et la promotion du secteur privé. De sorte qu’aujourd’hui les bénéfices nets de la banque ont atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré dans le milieu bancaire en Afrique.

 

La banque et sa vision

 


Cette performance inégalée n’a pas été le fruit du hasard. Depuis quelques années, le Conseil des Gouverneurs du Groupe de la Bad a adopté une "Vision" de développement baptisée Plan d’action pour une Banque revigorée. Cette "Vision", fruit d’intenses consultations avec toutes les parties prenantes à la mission de la Banque, énonce l’objectif stratégique à long terme qu’elle s’est fixé de devenir la principale institution de financement du développement, engagée à aider au développement durable de tous ses Pays membres régionaux (PMR) qui luttent pour l’amélioration de la croissance de leur productivité et le renforcement de leurs stratégies de réduction de la pauvreté. Au lendemain de l’adoption de cette Vision, la majeure partie de la Communauté des bailleurs de fonds et des actionnaires de la Banque ont manifesté un large consensus autour des Objectifs de développement du Millénaire (ODM) qui visent, entre autres, à réduire de moitié d’ici à l’an 2015 le nombre de personnes vivant dans une pauvreté absolue. En outre, ces ODM fournissent un cadre favorable à plusieurs résultats socioéconomiques escomptés, entendu qu’ils traduisent l’influence réciproque de renforcement d’un large éventail de politiques de développement. Ces objectifs, maintes fois soutenus par les dirigeants africains lors de divers forums internationaux, constituent le principal cadre à l’aune duquel les efforts de développement en Afrique y compris les activités actuelles et futures de la Banque seront jugés au cours de la prochaine décennie. Dans ce cadre général et tenant compte du contexte dans lequel le Groupe de la Banque opère, les Conseils d’administration ont approuvé une nouvelle structure organisationnelle qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2006 et cela permettra la mise en œuvre du premier Plan stratégique de la Banque pour la période 2003-2007. Ce Plan, est le fruit d’un effort conjugué de toutes les ressources humaines de la Banque. Il s’est inspiré des meilleures pratiques et l’expérience des institutions sœurs et des partenaires au développement. Le Plan stratégique du Groupe de la Banque africaine de développement pour la période 2003-2007 décrit l’approche adoptée par la Banque pour assurer une meilleure opérationnalisation de sa Vision. A cette fin, le Plan propose que la Banque s'attache, en étroite concertation avec ses clients et partenaires, à circonscrire ses priorités opérationnelles, sectorielles et thématiques, de manière à se concentrer sur un noyau sélectif d'activités et de secteurs par pays, où son expertise, son expérience et son action auraient beaucoup plus de chances de produire des résultats palpables au plan du développement et de la réduction de la pauvreté dans ses pays membres régionaux.