
Considéré comme un puissant vecteur de croissance économique en Afrique, la Banque ouest africaine de développement (Boad) encourage de plus en plus la promotion de l'initiative privée au sein de l'espace Uemoa.
La société"Les Brasseries du Faso" décroche un emprunt colossal pour l'extension de ses capacités de production. Le montant global de ce prêt est estimé à 5 milliards de francs Cfa. L'institution qui a financé cette opération est la Boad. La banque venait ainsi de jouer un autre grand coup dans sa politique de soutien au secteur privé, après la parenthèse de la Sifca- Côte d'ivoire, à laquelle la Boad a accordé en 2004, une garantie partielle de 5,2 milliards de francs Cfa pour l'émission d'un emprunt d'un montant de 11 milliards de francs Cfa. De même, le 18 avril 2005, la banque a consenti à la société Transrail Sa, un prêt d'un montant de sept milliards quatre cents millions de francs Cfa (7.400.000.000) pour le financement partiel du programme de réhabilitation de la voie ferrée de l'axe Dakar-Bamako. Un mois plus tard, c'est le tour de la Société de gestion des Abattoirs du Sénégal (Sogas) de se porter sur la liste des partenaires de la Boad en vue du financement partiel du projet de modernisation extension des infrastructures d'abattage de bétail et d'implantation d'une tannerie au Sénégal. Montant global du prêt : un milliard deux cent cinquante millions (1.250.000.000) francs Cfa.
Consciente du rôle d'un secteur privé dynamique pour la promotion d'une croissance économique forte et susceptible de réduire la pauvreté, la Boad a poursuivi son action en faveur de ce secteur, en appui aux politiques de libéralisation des entreprises par l'Etat, en mettant un point d'orgue sur le financement des industries de transformation des ressources locales, les infrastructures économiques et le développement des petites et moyennes entreprises. Au titre de l'année 2004 par exemple, les financements mis en place en faveur du secteur privé s'élèvent globalement à 26,9 milliards pour 10 opérations, représentant 32% des approbations de l'année. Ces financements se répartissent à raison de 11,1 milliards en prêts directs et soutien à la réalisation de projets de transformation locale, 9,3 milliards aux infrastructures économiques et 6,5 milliards au développement des Pme sous forme essentiellement de ligne de refinancement aux institutions financières nationales et une prise de participation au capital social d'une institution régionale de financement. Ces concours portent le cumul des financements en faveur du secteur privé à un montant total de 254 milliards de francs Cfa, pour 165 opérations, soit 29,9 % de ses engagements nets cumulés.
Dans la même année, le cumul des financements au profit du secteur privé se répartit comme suit : 167 milliards de francs Cfa en prêts directs, 68 milliards de francs Cfa pour 52 lignes de financement en faveur des institutions financières nationales et 19 milliards de francs Cfa pour les prises de participations.
Mais l'appui au secteur privé à lui seul ne suffi t pas. Encore faut-il asseoir l'environnement nécessaire pour améliorer les facteurs de production et par ricochet la compétitivité de nos économies dans le nouveau contexte de la mondialisation. C'est pourquoi, la Boad au cours de ces dernières années a renforcé son appui à la promotion de l'intégration économique au sein de l'espace Uemoa. En 2004, plus de 58 milliards de francs Cfa ont été orientés vers des projets intégrateurs, soit 69% des concours de l'année. Ces projets concernent essentiellement le domaine des infrastructures, à savoir les télécommunications, l'énergie, les routes, les chemins de fer et les ports, considérés comme des facteurs privilégiés de rapprochement des Etats membres et d'amélioration de la compétitivité de leurs économies. S'agissant du domaine de l'énergie par exemple, la réalisation de projets intégrateurs a concerné l'interconnexion de réseaux nationaux de transport et de distribution d'énergie électrique en vue d'une exploitation commune et harmonieuse des potentialités pour une amélioration de la couverture des besoins des pays concernés.
C'est le cas de la connexion Nord-Bénin, Nord-Togo. De plus, la Boad a contribué avec la Bceao et la commission de l'Uemoa, à l'élaboration du programme économique régional (Per), adopté par le Conseil des ministres de l'Union en mai 2004 tout comme elle a participé avec les autres institutions de l'Union, à la création de la Banque régionale de solidarité (Brs) dont elle est actionnaire et qui est dédiée à l'échelle de l'Uemoa, au financement de microprojets d'investissements productifs en faveur des couches sociales les plus vulnérables. Dans ses perspectives, la Boad promet un renforcement de l'appui au secteur privé en encourageant surtout l'approche régionale dans la conception et la mise en oeuvre des projets d'investissement productifs. Dans le cadre de sa fonction d'institution communautaire, la Banque veut oeuvrer au renforcement de sa coopération avec les institutions financières nationales et entend contribuer sous forme d'assistance aux actions visant l'amélioration des conditions d'épanouissement du secteur privé, notamment des petites et moyennes entreprises. C'est dans cette optique, qu'elle a organisé en 2005 une réunion de concertation et d'échanges avec des opérateurs privés de la sous-région dont l'expérience dans le domaine des affaires peut constituer une référence pour les jeunes entrepreneurs de l'Uemoa. Ainsi au fil des années, la Boad s'adapte à la nouvelle donne économique qui cible le secteur privé comme le véritable moteur de la croissance. Ce qui, de facto, allège les soucis des entrepreneurs de la sous-région qui l'adopte comme un véritable instrument de promotion de l'initiative privée dans la sous-région.
Gnona AFANGBEDJI