
Dans les pays d'Afrique au nord comme au sud du Sahara, en ce IIIè millénaire, la tradithérapie apparaît encore de plus en plus comme une panacée.
Chaque année, plus de 100 millions de personnes sombrent dans la pauvreté à cause des sommes qu'elles doivent engager dans des soins médicaux. Oubliant par exigence les produits pharmaceutiques hors de prix dans bien des capitales, de plus en plus de citoyens d'Afrique se tourne vers les pharmacie par terre ou la médecine traditionnelle ou la tradithérapie.
Pour 150 millions d'autres, les dépenses médicales représentent près de la moitié de leur revenu. Dans beaucoup de pays, cela est du à l'inexistence d'un cadre de prise en charge, de soutien, d'assurance maladie abordable ou de services de santé réels et pour tous: vous avez dit la protection sociale ?
Et quand la structure existe, elle est inopérante pour diverses raisons…?
Le paradoxe est que la contribution relative des populations aux soins de santé est plus importante dans les pays démunis que dans les pays industrialisés. A titre d'exemple, en Allemagne ou le PIB est de $ 32.860 et ou presque tout le monde bénéficie d'une couverture sociale, les ménages n'assument que 10% des dépenses nationales de santé, alors qu'en RDC où le PIB par habitant est aux alentours de $ 120 et où la protection sociale n'existe quasiment pas, près de 70% de l'argent déposé pour les soins médicaux est versé directement par les ménages.
En décembre 2005, des experts de plusieurs pays réuni dans le cadre d'une conférence de la coopération allemande, la GTZ, de l'OMS et du BIT pour définir les stratégies que les pays et leurs partenaires pourraient adopter pour éviter de telles catastrophes ont retenu :
"Au moins 1, 3 milliards de personnes dans le monde n'ont pas accès aux soins de santé les plus élémentaires, souvent parce qu'ils n'en ont pas les moyens. Conséquence, chaque année des millions d'entre eux deviennent encore plus malades, voire perdent leurs vies pour cause de pathologies guérissables. C'est ainsi que le nombre annuel de décès dus à des infections que l'on aurait pu traiter ou à des complications que l'on aurait pu éviter pendant la grossesse et l'accouchement, dépasse les dix millions" nous signale le Dr Krech, chef de la protection sociale à la division santé, éducation et protection sociale de la GTZ.
"La protection sociale n'est pas seulement un outil essentiel pour donner à tous l'accès aux soins de santé et libérer des millions de personnes de la pauvreté. C'est aussi un investissement dans la santé en d'autres termes une condition indispensable pour la compétitivité au niveau international. Il arrive que les coûts d'un traitement médical puissent faire perdre son fonds de commerce à un commerзant, à une famille, sa concession.
Cela a été le cas pour bien des familles de Ain Sbäa à Casablanca ou Kaloum en Guinée. Imaginez M. Camara de Conakry vivant de son petit salaire de comptable à Enimob, dont la femme est hospitalisée, on lui présente une facture supérieure à ses revenus mensuels (plus de $ US 150). Incapable de couvrir l'intégralité de cette somme, il met sa moto en gage ; sans moyen de locomotion, il lui est difficile d'aller en ville (coût de transport supérieur à 5.000 GNF = $ 1) venant de Enco 5, donc des jours d'absence, retenue sur salaire. Il ne peut payer la scolarité en payant une partie de l'hôpital, On veut l'intégralité des frais d'hospitalisation sinon son épouse est gardée (chose courante), les enfants sont à la maison et lui aussi… C'est la spirale infernale ! Pas d'argent lorsqu'il perd son boulot pour absence prolongée.
Questions : la famille survie comment ? La scolarité des enfants et l'hôpital ? Des propositions multiples d'assistance on en connaît actuellement sur le continent, mais aucun ne permet à nos braves populations de sortir de la pauvreté car le minimum de couverture avec un minimum de cotisation c'est inconnu chez nous en Afrique et cela, les pouvoirs publics le savent.
Ahmadou Abdoul TOURE
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