
Dans l’ensemble, la contribution de ce continent qui compte 34 des 48 pays les moins avancés, à la production industrielle est insignifiante. A peine 1%. Or c’est une évidence, l’industrialisation demeure pour beaucoup la force agissante de la transformation des techniques et des capacités des économies. C’est, selon les experts, un vecteur privilégié pour la promotion de l’emploi. Et en définitive, une des voies royales de la transformation radicale des économies et des sociétés africaines.
L’Afrique subsaharienne et particulièrement l’Afrique de l’ouest accuse un grave retard dans ce domaine. L’industrialisation est encore pour bien de pays de l’Afrique de l’ouest un rêve trop lointain tant la contribution du secteur secondaire au produit intérieur brut est faible. La plupart des économies sont, en effet, tributaires des ressources minières et agricoles. Elles sont dès lors des victimes permanentes de la volatilité des cours sur les marchés mondiaux.
Le salut passe donc, si on en croit les experts, par le développement industriel et partant du secteur manufacturier dont la valeur ajoutée dans le commerce mondial est d’environ 0,1% pour cette région. Autant dire qu’elle compte pour du beurre dans les échanges mondiaux.
En Côte d’Ivoire comme dans d’autres pays de la sous-région, l’industrialisation est un vœu qui recouvre des réalités différentes. La contribution du secteur secondaire au PIB dans les pays de la CEDEAO se situe en général en dessous de 40%. Le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Nigéria, le Sénégal avec des contributions respectives de 24%, 29%, 38%, 33% et 26% sont dans le peloton de tête
En revanche, des pays comme le Bénin, le Ghana et le Mali occupent le bas du tableau. Dans tous les cas, aucun de ces pays ne dispose d’un secteur secondaire solidement implanté et capable de transformer l’économie nationale et de faire face à la concurrence mondiale.
Un état des lieux peu reluisant donc qui peut s’expliquer par diverses raisons. Industrialisation et investissement vont de pair. C’est en effet un leurre d’espérer parvenir à développer le tissu industriel d’un pays sans une forte incitation à l’investissement, qu’il s’agisse d’industrie lourde ou de petites et moyennes industries. Le flux des investissements exige un certain nombre de conditions : un cadre réglementaire et judiciaire qui rassure, un code des investissements attractif et une fiscalité supportable.
La promotion du secteur privé national et des investissements étrangers doit constituer une priorité pour les Etats de l’Afrique de l’ouest s’ils veulent réduire leur marginalisation sur le marché mondial.