Internet au Benin

Après plus d’une décennie d’existence au Bénin, l’internet peine à être accessible aux Béninois. Certes des évolutions significatives sont à noter, mais l’état des lieux n’est pas reluisant.
Urgence d’une nouvelle Politique pour rêver d’être le quartier numérique de l’Afrique.


Le Bénin a été connecté à Internet pour la première fois en Décembre 1995 à la faveur du sommet de la Francophonie, avec une passerelle d’accès de 64 kilobits par seconde.
Le 7 mai 2003, intervint l’inauguration du câble SAT-3. A cette occasion, une nouvelle connexion internationale de 45 Mb/s a été ajoutée aux 2 Mb/s existants, portant ainsi la bande passante à 47 Mb/s. Il est à remarquer que l’OPT a obtenu au mois de septembre 2006 un crédit auprès de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) dont le montant s’élève à 9 milliards de FCFA. Ce prêt est destiné à financer le projet d’établissement de liens en fibre optique (en utilisant la technologie SDH) entre le Bénin et les pays voisins de l’UEMOA. Ces trois câbles, dont le coût a été révisé et approche les 12 milliards de FCFA, vont totaliser 760 kilomètres et relier Cotonou aux réseaux des opérateurs Burkinabé, Nigérien et Togolais. Ces travaux témoignent de la stratégie régionale du Bénin qui, depuis sa participation au consortium mené par Alcatel et France Telecom, ambitionne de jouer un rôle important dans la sous-région. Cette fibre optique reste encore inexploitée alors que l’Etat béninois continue à payer des redevances.
En dehors de Bénin Télécoms, plusieurs opérateurs privés fournissent l’accès Internet soit par réseau téléphonique commuté (RTC), soit par boucle locale radio, soit par satellite VSAT ou soit par ADSL, une des dernières technologies mises en service par Bénin Télécoms.
La situation de la connectivité jusqu’à fin décembre 2006 au niveau de Bénin Télécoms SA fait état de: 6007 abonnés par liaison RTC, 154 par liaison ADSL, 21 par liaisons spécialisées Wireless par boucle locale radio, 17 liaisons spécialisées et autres.
On dénombrait en juin 2004, 66 domaines enregistrés sur le «bj» avec 51 hébergés à Bénin Télécoms et 15 à l’extérieur. En mars 2007 ce nombre est passé à 60 sites avec le nom de domaine .bj. Il est rare de voir des entreprises privées béninoises avoir des noms de domaine “.bj“ à croire qu’il ne font pas confiance en leur opérateur historique en ce qui concerne la qualité de ce service et de plus la démarche administrative à mener pour avoir le nom de domaine relève d’un parcours du combattant. Tout est mis en œuvre pour décourager le consommateur et l’obliger à acheter son nom de domaine à l’étranger, ce qui reste un manque à gagner pour l’économie béninoise.

Opérateur historique et les opérateurs alternatifs
Entre 2000 et 2005, le nombre d’abonnés RTC auprès de Bénin Télécoms Sa a connu une augmentation entre les deux périodes. Le nombre a décru entre 2005 et 2006 passant de 6461 à 6007. Cette situation n’est guère surprenante au regard de la nouvelle technologie (ADSL) qui connaît de nouveaux adhérents.
En 2004, le nombre d’abonnés ADSL était de 13, il est passé à154 en février 2007 au niveau de Bénin Télécoms. Par ailleurs, il faut souligner que Bénin Télécoms dispose de neuf télé centres au service des populations sur l’ensemble du territoire. (Cotonou, Abomey, Parakou, Natitingou, Lokossa, Bohicon, Porto-Novo, Savalou Kandi etc.).
Deux autres opérateurs (Pharaon Télécoms et OTI) ont été agréés pour fournir des prestations de connexion ADSL, avec une bande passante de 10 Mbts chacun. Ces deux fournisseurs totalisent jusqu’en décembre 2006, un parc d’abonnés de plus de 900 clients
En 2003, il a été dénombré dans le secteur privé au Bénin, environ 760 télé-centres offrant sur le plan national des services afférents à l’accès Internet et à la formation en informatique et en Internet.
Malgré la volonté du Chef de l’Etat béninois de permettre ses concitoyens d’avoir accès à Internet, le ministère chargé de la télécommunication donne l’impression de ne pas vouloir faire bouger les choses. Pour cause, le coût de l’Internet reste plus élevé actuellement au Bénin qu’ailleurs, ce qui est d’autant plus difficile à comprendre quand on sait que ce pays possède la fibre optique. En matière de débit ce que Bénin Télécoms et ses autres fournisseurs d’accès internet offrent aux usagers en d’ADSL, compris entre 128 et 512 Kbit/s coute plus de 100 000 FCFA par mois alors qu’au Sénégal, pour un débit supérieur, le consommateur paye dix fois moins avec un débit plus élevé
. Ce n’est pas à cette allure comme le dit si bien le Chef de l’Etat béninois que le Bénin sera le quartier numérique d’Afrique, un Chef d’Etat qui ne demande qu’à être aidé par tous les spécialistes béninois des NTIC. Mais pour cela, il va falloir s’entourer d’ingénieurs télécoms de la nouvelle école et non de l’ancienne et encore moins d’informaticiens qui ne sont pas en mesure de définir des stratégies purement télécoms.

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