
La téléphonie fixe au Bénin est mal en point. Plusieurs goulots d’étranglement persistent et ne favorise pas l’exploitation efficiente des infrastructures disponibles. Les lever apparait une nécessité impérieuse
Des obstacles restent à lever
L e processus de planification du développement des activités dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication , entamé depuis presque deux ans, a besoin d’être parachevé par la mise en place d’un cadre institutionnel, réglementaire et législatif approprié au développement des TIC au Bénin. Ce processus a débuté par l’élaboration d’un document dénommé Plan TIC Bénin adopté le 24 août 2006.
Cette feuille de route constitue, dans la formule de relance du secteur des TIC, un moyen de réaliser «l’assainissement, le redressement et la dynamisation du secteur des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication au Bénin». Le secteur des TIC ne saurait s’améliorer s’il doit évoluer sans boussole ni baromètre, car, aujourd’hui, le Bénin est l’exemple pratiquement unique en Afrique, sans aucune autorité de régulation du secteur des télécommunications. Il est donc urgent dans la situation actuelle, que les pouvoirs publics interviennent de façon efficace afin de remédier aux insuffisances constatées sur le marché national, de maintenir une concurrence équitable, d’attirer les investissements, d’intensifier le développement des infrastructures et des applications TIC et d’optimiser les avantages économiques et sociaux.
Le réseau conventionnel fixe du Bénin est caractérisé par les réseaux locaux de câbles téléphoniques qui ont été réaménagés dans les principales villes; une téléphonie communautaire qui a vu son développement axé sur le publiphone et les télé-centres privés. Le nombre de publiphones est passé de 797 en 2004 à 707 en 2006 soit environ 90 lignes publiques hors activité.
Par ailleurs, la téléphonie rurale reste encore peu développée malgré la volonté de chef de l’Etat béninois d’introduire le téléphone dans toutes les localités du Bénin. Sur les 19 stations que comprend le système VSAT de télécommunications par satellite, seule une station marche.
Les réseaux locaux de Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey et Bohicon ont été construits selon les normes internationales. Mais aujourd’hui, la partie câblée de ces réseaux est saturée.
L’analyse des données relatives à la télé densité (nombre de lignes téléphoniques pour 100 habitants) révèle une variation assez mitigée. En cinq années (2001 à 2006), la télé densité a baissé passant de 1,29 en 2001 à 1,14 en 2006 avec des variations internes selon le département. Près de 77.342 lignes sont actuellement en service au Bénin avec un fort taux dans le Littoral, l’Ouémé et l’Atlantique.
Le Président béninois Boni Yayi, dans sa volonté de faire du Bénin un pays émergent doit mettre sur pied une équipe qui puisse lui permettre de faire un état des lieux des infrastructures existantes et définir des mesures à prendre pour accroitre leurs efficacités. Comme l’a dit un technicien de Bénin Télécom “le téléphone filaire a des possibilités énormes mais il n’est utilisé qu’à un pourcentage très faible, soit 10% de sa capacité, tout le reste est laissé à l’abandon. D’autres technologies qui sont arrivées permettent d’exploiter cette partie oubliée. Il s’agit du XDSL, cela pourrait booster l’économie. Imaginez vous les entreprises privées et l’administration béninoises aient la possibilité de bénéficier de ce service, on sentira dès les années à venir un changement nette au niveau de nos services “.
Le projet de société sur la base duquel Boni Yayi a été en 2006 élu Président de la république du Bénin comportait un programme bien défini en matière de télécommunication. Le Chef de l’Etat béninois a maintenant toute la possibilité d’appliqué son programme, celui qui permettra au Bénin d’atteindre comme il le dit si bien une croissance à deux chiffres d’ici à 2010.