
La forte perte enregistrée l’année dernière fait appel à des réformes. Une nouvelle ère s’ouvre à la Société Générale. Mais quel en sera l’impact sur ses filiales en Afrique ?
Société Générale à l’heure des réformes quel sort pour ses filiales africaine ?
Mi 2006 : Crise des subprimes aux Etats-Unis. Cette crise révélée en février 2007 et transformée en crise financière mondiale en juillet 2007, cause 2 milliards d’euros de pertes à la SOCIETE GENERALE.
Le 19 janvier 2008, la société générale faisait la une de tous les journaux télévisés du monde une perte de 7 milliard d’euros dont 5 milliards provenant d’une fraude venait d’être annoncer .En pleine crise des subprimes et en pleine tourmente des marchés, cette annonce n’a fait que renforcer la suspicion et la défiance des investisseurs. Le microcosme financier bruissait de rumeurs mais une seule question revenait sans cesse :Comment le leader mondial des produits dérivés et qui regorge de brillants polytechniciens dont certains émargent à plus de 6 millions d’euros par an a pu perdre 5 milliards d’euros par le fait d’un seul homme, Jérôme KERVIEL trader spécialisé sur les produits dérivés moins complexes, les plain vanilla (vanille pure). Au fil des enquêtes et des auditions, la course à la rentabilité et au bonus d’une part et la volonté de reconnaissance par ses pairs polytechniciens apparaissent comme les mobiles les plus plausibles de cette débâcle financière. Le succès de l’augmentation de capital réussi et le départ de Daniel Bouton de la direction générale et son remplacement par Frédéric Oudéa semblent annoncer le début d’une nouvelle ère à la Société Générale.
La banque de détail de la Société Générale, n’ayant subi aucune conséquence de l’affaire Kerviel, on peut tout de même se poser la question de savoir quelle nouvelle politique va adopter la Société Générale pour redonner confiance à son actionnariat, va-t-elle lancer une OPA ? Va-t-elle revendre tout ou partie de ses activités ?
Bref, autant de scénarii qui nous conduisent inéluctablement au cas des filiales africaines même si les Banques africaines restent des banques de détail.
1962 : la SG s’implante pour la première fois en Afrique en créant une filiale au Sénégal, la SOCIETE GENERALE DE BANQUES AU SENEGAL et une filiale en Côte d’Ivoire, la SOCIETTE GENERALE DE BANQUES EN COTE D’IVOIRE.
2003 : Il aura fallu attendre 40 ans pour qu’une filiale SOCIETE GENERALE voie le jour au Ghana avec la SG-SSB Bank ainsi qu’au Bénin avec la SGBBE.
A son actif, la SOCIETE GENERALE n’est présente que dans 15 pays d’Afrique (Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina, Bénin, Ghana, Guinée, Guinée Equatoriale, Cameroun, Tchad, Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte et Madagascar)
Pourquoi une si petite présence sur un si grand continent comme l’Afrique ?
La rentabilité ! Tout est question de rentabilité.
Le marché bancaire africain représente un gros investissement pour peu, voire pas de rentabilité. Les principales causes en sont : une économie au ralenti, une part prépondérante de l’informel, un faible taux de bancarisation n’atteignant pas les 4%, une clientèle faiblement consommatrice de produits financiers et bancaires, une majorité de comptes de dépôts…
Certaines filiales ont du fermer en Afrique. C’est le cas entre autres de la SOCIETE GENERALE au Nigéria qui cessa ses activités en 2002 .
A ce triste constat s’ajoute l’émergence des pays de l’Est (Russie, Roumanie, République Tchèque…) et de l’Asie (Chine, Japon, Inde, Singapour…)
Contrairement aux pays africains, les pays de l’Est et de l’Asie connaissent un essor économique fulgurant. Ces filiales récemment acquises ont balayé plus de 40 ans d’histoire en Afrique.
Pour exemple, ces quelques chiffres sur l’activité des principales filiales SG au 31/12/2004
(Total bilan en M EUR et par zone géographique)
• France (crédit du nord et Banque de Polynésie) : 29 433 millions d’euros
• Europe centrale et orientale (République Tchèque et Roumanie création en 2002) : 16 650 millions d’euro
• Afrique (Côte d’Ivoire et Sénégal création en 1962) : 1 208 millions d’euros
Force est de constater que la part des filiales africaines dans le résultat global du groupe ne pèse pas très lourd.
Face à une restructuration profonde de la SOCIETE GENERALE et à une recherche de profitabilité, les filiales africaines risqueraient d’être dans le futur les premières à payer le prix fort.
A moins que l’arrivée de nouveaux concurrents venus d’Asie, d’Europe des pays du Golfe et du Maghreb et qui signifierait que le continent demeure rentable, ne l’amène à renforcer ses positions africaines
Au regard de ce scénario, nous sommes en droit de nous demander comment nos banques centrales réagiraient elles?
CAURILYS FINANCES