
La flambée des prix des produits de première nécessité avec son corollaire de vie chère, n’épargne pas le Togo. Malgré les revendications étouffées de quelques associations et autres syndicats, c’est le calme plat. La population continue de murmurer ses souffrances
Selon les experts, cette crise est la résultante de la montée en flèche du prix du baril de pétrole qui, d’ailleurs, ne cesse de grimper. Elle affecte les unités de production, les couts de transport de marchandises répercutés sur les articles dans les marchés. L’on signale aussi la sécheresse qui a frappé plusieurs pays producteurs de denrées alimentaires comme le mais, le blé ; les agriculteurs ont tourné le dos aux produits vivriers au profit des produits d’exportation comme le coton, l’arachide le soja et bien d’autres, le tout doublé d’une absence chronique de politique agricole viable.
La situation du Togo dans cette crise de la vie chère est d’autant plus délicate que le pays sort d’une longue crise politique qui a éloigné de lui les principaux partenaires financiers, en occurrence, l’Union européenne qui avait suspendu sa coopération de 1993 à 2008 pour déficit démocratique. L’économie exsangue d’il y a quelques temps est en train de se relever avec la normalisation avec les principaux bailleurs de fonds dont le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et autres. Cette situation a fait du Togo un pays à priorités multiples. Tout étant urgent à régler pour les populations togolaises longtemps privées de l’aide extérieure. Le gouvernement doit agir vite et tout de suite. Raison pour laquelle des associations et autres syndicats ont brandi à un moment donné l’arme de la grève et des manifestations de rue pour contraindre le gouvernement à leur prêter une oreille attentive.
Des discussions seront engagées avec le Président Faure Gnassingbé et son Premier ministre Komlan Mally d’une part, et d’une autre avec les différents acteurs de la crise notamment le patronat, les organisations syndicales et associations des consommateurs pour juguler un tant soit peu la vie crise.
Sur le marché togolais les prix ont plus que doublé ou triplé! Exemple : Le sac de farine de blé est passé de 12000FCFA à 19000 FCFA. Conséquence: la baguette de pain de 75 francs grimpe à 100 francs. Un petit sac de riz vendu auparavant à 2800 FCFA est désormais à 3500 FCFA. Une situation intenable pour les populations. Pour calmer la crise, le cabinet Mally a pris un certains nombre de mesures. Elles vont de la subvention des prix des produits pétroliers pour un montant de dix milliards de francs CFA à la mise en vente de près de 7000 tonnes de céréales sur le marché local par l’Observatoire de la Sécurité Alimentaire au Togo (OSAT) au moment où le prix du bol de mais oscille entre 700 et 800 FCFA contre 350 et 400 sur le marché il y a quelques semaines.
Le prix de certains produits fabriqués localement, ainsi que les tarifs de l’eau et l’électricité ont connues une légère baisse. Outre ces mesures, le gouvernement togolais vient de décider de la subvention des engrais vivriers vendus aux producteurs agricoles à 240 francs le kilogramme, soit 12 000 le sac de 50 kg d’engrais type NPK 15-15-15 ; et demande aux vendeurs d’éviter des trafics qui favorisent la fuite des engrais au-delà des frontières du Togo.
Enfin, le gouvernement vient de mettre en place un comité ad hoc chargé de faire des propositions concrètes pour faire face au phénomène de la vie chère. Il regroupe des représentants de toutes les centrales syndicales du Togo, ceux des importateurs, des chambres frigorifiques, l’association des consommateurs, le conseil national du patronnat. Le Premier ministre togolais ainsi que les ministres de la coopération et du commerce sont également membres du comité.
A Lomé, on murmure à la sentence : les prochaines élections de 2010. En attendant le retour à une «vie moins chère», la pauvreté continue de battre son plein dans ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest où le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est de 13.757 F CFA par mois.